Le plan « platita » dans le budget logement 2022

Le plan « platita » dans le budget logement 2022, jacquin couvreur


Au milieu des discussions au Congrès pour l’approbation de la loi de finances pour 2022, il est intéressant d’analyser quelle est la politique du logement que le gouvernement propose pour l’année à venir, L’investissement des ressources publiques dans les différents programmes étant une photographie révélatrice de ce qui est destiné à être réalisé l’année prochaine.

Un excellent rapport préparé par l’Association civile pour l’égalité et la justice (ASIJ) sur le budget du portefeuille Habitat et Territoire nous permet de conclure que Le Gouvernement mettra tout en œuvre pour construire des logements sociaux avec des ressources fiscales, redistribuant ainsi l’argent public entre ce qu’il considère comme ses priorités.

En effet, le budget prévoit pour 2022 une légère augmentation de 12,13% en termes réels du portefeuille du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat ce qui, selon le rapport publié par l’ASIJ, signifie une nette réorientation des fonds vers une politique « logement », qui se traduit par une augmentation considérable par rapport au programme « Maison propre » pour la construction de logements, au détriment d’autres programmes tels que , par exemple, le Plan National d’Aménagement Urbain.

La politique du logement choisie est encore une fois insister sur le rôle de l’Etat qui construit le logement social, au détriment d’autres stratégies comme la régulation de l’accès au foncier, ou dans la stratégie d’un aménagement territorial fédéral qui permet un développement urbain plus juste et équitable. Une politique dans laquelle il a insisté, sans très bons résultats en termes structurels, depuis le premier gouvernement de Juan Domingo Perón dans lequel le premier « Plan quinquennal » pour la construction de logements sociaux a été annoncé, où l’État a généré des milliers de ghettos de logements sociaux isolés du tissu urbain et dans lesquels la manière d’y accéder a été largement injuste, peu transparente et très condescendante.

Maintenant, si nous prenons les données de croissance de la zone urbaine qui ont été préparées à l’époque par le Secrétariat national à l’aménagement du territoire, en charge de Fernando Alvarez de Celis, nous pouvons observer que Entre 2010 et 2019, la superficie des plus grandes villes du pays a augmenté de 24 %, alors que la population l’a fait moitié moins (11 %). L’analyse de la croissance des décennies précédentes avait déjà montré que la tendance à l’expansion urbaine était fondamentalement due à des formes de lotissement formel, d’autre part, par des quartiers fermés, et dans une moindre mesure à la croissance des villas et des agglomérations.

Ici, le facteur aggravant est causé par la faible proportion de services publics et d’infrastructures urbaines dont disposent ces logements. Selon le dernier recensement, 47 % des foyers du pays n’avaient pas d’infrastructures d’assainissement et 14 % disposaient d’un réseau d’eau potable. Malgré les efforts publics pour réduire ce déficit, la modalité de croissance expansionniste se fait au détriment de l’offre de services, réduisant ainsi les possibilités à mesure que la ville grandit.

C’est qu’avec un déficit de logements au niveau national, qui atteint plus de 3,8 millions de familles et qui augmente chaque année, les recettes appliquées semblent avoir échoué à appuyer sur la touche. Et, certainement, ils ont été aggravés par la pandémie causée par COVID-19, dans laquelle la société dans son ensemble a pu démontrer la réalité de millions de familles vivant dans habitats informels, sans accès aux conditions humaines les plus élémentaires qui garantissent leur inclusion dans un habitat plus juste.

D’autre part, la très faible exécution que les programmes d’insertion socio-urbaine ont présenté, depuis que le décret 777/20 a ordonné leur passage à l’orbite du ministère du Développement social, plus la réduction de 27% subie par le même pour le 2022, sachez que L’urbanisation des quartiers populaires (où résident les cinq millions de personnes les plus vulnérables de notre pays) ne fera pas partie des priorités de l’agenda du Gouvernement pour 2022. Outre le fait qu’il existe également un manque de transparence marqué concernant la manière dont ces fonds sont exécutés, qui en sont les bénéficiaires, quelles sont les priorités et autres actions qui devraient être signalées plus clairement.

Personne ne doute que pouvoir accéder au « rêve de sa propre maison » est un souhait de tous les Argentins. Nous connaissons également effet multiplicateur sur l’économie généré par l’industrie de la construction en général. Mais il est vrai aussi que l’Etat s’est montré terriblement inefficace en matière de construction de logements (les résultats le démontrent). Et que l’énorme problème monétaire qui est nécessaire pour résoudre cette politique dans un contexte d’inflation élevée et d’indicateurs macroéconomiques terribles rend impossible l’équilibre des comptes publics budgétaires.

Il faut pouvoir trouver d’autres outils plus proches des politiques du logement que le reste du monde applique avec de bien meilleurs résultats que les nôtres. Dans la plupart des pays, il n’y a plus un État purement bâtisseur qui concentre toutes les ressources sur la construction de logements sociaux, mais plutôt un ce qui prévaut, ce sont des politiques qui facilitent et génèrent l’écosystème nécessaire pour que la demande soit subventionnée et que l’offre puisse trouver les incitations pour y répondre. Le rôle des Etats est alors d’améliorer l’accès au crédit immobilier et de le rendre accessible, de développer des programmes d’accès au foncier qui permettent une répartition plus équitable des dynamiques territoriales, de favoriser l’accès à la location sociale ou encadrée et d’améliorer les conditions d’habitat dans votre ensemble.

Tant que nous n’y parvenons pas et que nous ne proposons pas une politique de l’Etat capable de proposer une large palette de programmes de logement de manière globale, nous ne pourrons pas déformer les niveaux d’exclusion sociale et de pauvreté dans notre société, il ne garantit pas non plus que les ressources publiques garantissent effectivement le droit à un logement décent et l’accès à un habitat équitable que tous les Argentins méritent.



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